Entretien. Pierre Gattaz « inquiet » quant au programme de Le Pen, Mélenchon et Hamon

19/04/2017 à 09:31 par Jean-Claude Bonnemère

Pierre Gattaz, lors de son passage à Cahors. -
Pierre Gattaz, lors de son passage à Cahors.

Pierre Gattaz, président du MEDEF (*) national, était à Cahors les 13 et 14 avril derniers. Il a rencontré une centaine de chefs d’entreprise et a répondu aux questions de la presse, dans les salons de l’hôtel Divona Best Western.

Qu’est-ce qui explique votre venue à Cahors ?

Je me déplace à travers la France, deux à trois fois par semaine. Ici, j’ai rencontré une centaine de chefs d’entreprise, dont l’effectif moyen est de 10 à 20 personnes. Ce sont là, des forces vives qui créent de la croissance, de la richesse, de l’emploi. Je dis souvent que ces personnes sont des héros de la nation.

Des héros de la nation ?

Oui, ce sont d’anciens salariés, d’anciens cadres qui se sont mis à leur compte, parfois ces personnes ont connu le chômage ; ils ont créé leur entreprise. Ces personnes ont pris des risques, certaines se sont endettées ; elles ont eu le courage d’y aller, c’est ça la passion de l’entreprise. Et au final, elles contribuent à faire vivre un bassin d’emplois. Voyez ce qui se passe dans le Figeacois avec ces belles unités qui génèrent des start-up, et maintenant la création d’un institut des métiers de l’aéronautique. Je suis enthousiasmé par toutes ces activités et ces chefs d’entreprise et leurs collaborateurs, qu’il ne faut jamais oublier. Il manque des usines en France. Et ma bataille c’est le plein-emploi.

Quel candidat aurait-il un programme économique qui vous séduirait ?

L’entreprise est bien vue de la population au plan local, y compris des députés, tous bords politiques confondus. Tout le monde est d’accord pour que l’usine reste. Or, à l’Assemblée Nationale, on ne peut que déplorer de voir nombre de ces mêmes députés s’opposer sur des questions dogmatiques ou idéologiques. Avec au final, des lois qui vont à l’encontre de l’intérêt des entreprises, en rajoutant des taxes ou des contraintes. Par exemple, il a été voté le compte de pénibilité, qui n’est toujours pas appliqué, en raison de la complexité des procédures.

Quels enjeux économiques se jouent-ils avec les Présidentielles ?

Nous ne sommes pas là pour faire de la politique. Que nous ayons affaire à une gauche réformiste ou à une droite pas trop bête, on dira bravo. Gérard Colomb homme de gauche maire de Lyon est adulé par les chefs d’entreprise. Alain Rousset président de la Nouvelle Aquitaine est très aimé par les entrepreneurs. Idem pour Jean-Yves Le Drian en Bretagne. Ce n’est pas un problème de gauche ou de droite, mais dès qu’on se retrouve sur le terrain idéologique alors là, rien ne va plus !

Que voulez-vous dire ?

Si l’on veut créer de la croissance et de la richesse pour le pays ; pour payer nos fonctionnaires, nos magistrats, nos médecins, notre armée, nos policiers… il faut générer de la richesse. Emmanuel Macron et François Fillon ont bien compris les enjeux de cette démarche. Mais, il y en a trois autres en particulier, qui n’ont rien compris du tout : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Mme Le Pen nous dit qu’il faut sortir de l’euro et adopter une stratégie de repli au point que si l’on pouvait mettre un mur autour de la France, ce serait encore mieux pour elle. C’est du délire. Alors que nos entreprises doivent exporter, se mondialiser. C’est comme cela que l’on va trouver de la croissance. Jean-Luc Mélenchon tient à peu près le même discours que Mme Le Pen. Mais, ce n’est pas l’euro qui a créé les 35 heures, l’ISF, les 3600 pages du droit du travail, le compte pénibilité, la bureaucratie délirante que nous connaissons… Tout ceci ce n’est pas la faute à l’euro, mais de la France, depuis 30 ans ! M. Mélenchon, c’est vraiment le Chávez du Venezuela. Il préconise la sortie de l’euro et de l’Otan, pour rejoindre la ligue révolutionnaire Bolivarienne ! Alors qu’au Venezuela la moitié de la population se retrouve en extrême pauvreté. Quant à Benoît Hamon il considère que le travail c’est de la souffrance et qu’il n’y en a plus. Ce n’est pas vrai, il y a du travail et il reste juste à favoriser les embauches. Si l’on libère la France de ses énergies et de ses talents, elle peut repartir très vite, en croissance et en emplois. Si la confiance revient !

Un candidat à la présidence de la République mis en examen, peut-il inspirer confiance ?

Encore une fois, je ne suis pas en train de vous dire de voter pour Fillon. Il y a deux candidats qui vont dans le bon sens économique et les autres dans un sens catastrophique. Je pense qu’il faut faire confiance en la justice, ça, c’est sûr, mais il y a présomption d’innocence.

JEAN-CLAUDE BONNEMÈRE

(*) MEDEF : Mouvement des Entreprises de France.

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